LA Réaction tardive du ministère de la Défense nationale face à la disparition tragique de Karl Stecy Akue Angoué

Plus de vingt jours se sont écoulés depuis la brutale disparition de Karl Stecy Akue Angoué, âgé de 30 ans, des suites de coups et blessures infligés par des individus en tenue militaire le 13 octobre. Cependant, il a fallu l’intervention de la presse privée gabonaise cette semaine pour que le ministère de la Défense nationale, accusé par la famille de la victime, réagisse enfin. Dans un communiqué diffusé à la télévision nationale vendredi soir, la ministre déléguée à la Présidence en charge de la Défense nationale a promis une réponse sévère si les auteurs de cette tragédie étaient effectivement des militaires.
L’affaire a suscité de vives réactions depuis le 15 octobre sur les médias sociaux, mais le ministère de la Défense nationale n’avait pas encore fait de déclaration officielle. Le communiqué du 3 novembre qualifie l’affaire d'”odieuse” et annonce l’ouverture d’une enquête tout en appelant au “calme et à la retenue”.
Le général de division Félicien Koyi, directeur de cabinet militaire du ministre de la Défense nationale, a exprimé ses condoléances en ces moments douloureux, déclarant : “Le ministère de la Défense nationale a appris avec consternation le décès d’un jeune compatriote nommé Karl Stecy Akue Angoué.” Il a ensuite rappelé les faits survenus dans la nuit du 12 au 13 octobre dernier.
“Les informations disponibles indiquent que la victime est décédée des suites des coups et blessures infligés par des individus en tenue militaire et encagoulés. En conséquence, les autorités judiciaires compétentes ont été saisies pour ouvrir une enquête visant à élucider cette affaire odieuse et à identifier les responsables”, a promis le ministre de la Défense nationale. Il a également évoqué les sanctions potentielles qui pourraient être prises à l’issue de l’enquête.
“Si les auteurs de ces actes sont effectivement des militaires, ils seront tenus responsables de leurs actions conformément au règlement militaire en vigueur et à la loi”, a conclu le général Félicien Koyi. Cette affaire pourrait avoir un impact significatif, d’autant plus que le ministère de la Défense nationale est dirigé par le président de la transition lui-même. Cette situation risque de ternir l’image de l’armée gabonaise, qui semblait avoir connu un renouveau depuis le 30 août dernier.