Performance désastreuse de Raphaël Ngazouzé aux “Grands Dossiers”

Brice Clotaire Oligui Nguema ne pourra pas prétendre à l’ignorance des critiques qui ont émergé après la formation et la publication du gouvernement. Dès le départ, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le choix du président de la Transition de reconduire des ministres du régime précédent. C’est ainsi que Raphaël Ngazouzé s’est retrouvé à la tête du ministère de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités, une nomination qui a suscité des doutes étant donné l’absence de justification dans son CV ou son parcours politique.
Les Gabonais, portés par l’enthousiasme du coup d’État militaire et la volonté de réussir cette transition, ont accordé un blanc-seing à ce gouvernement et, par extension, au nouveau responsable de la Fonction publique. Cependant, la déception a été grande après la prestation décevante de Ngazouzé lors de l’émission “Les Grands Dossiers” diffusée sur Gabon Télévision.
En tant qu’enseignant en histoire-géographie, titulaire d’un Certificat d’Aptitude au Professorat du Second Degré (CAPES), Ngazouzé n’a pas été en mesure d’expliquer, pendant près de deux heures à la télévision, les grandes lignes du processus de régularisation des situations administratives des agents publics. Les questions sur les recrutements, la situation des retraités, et le bilan des recensements des effectifs sont restées sans réponses claires et pertinentes, décevant les téléspectateurs qui attendaient des explications concrètes.
Adepte de la langue de bois, Ngazouzé a donné l’impression de ne maîtriser aucun de ses dossiers. Perdu dans les nuages, il a été sévèrement critiqué par Pierre Mintsa pour son manque de clarté sur toutes les questions soulevées. Mintsa, en revanche, a démontré avec des chiffres à l’appui le chaos dans lequel l’ancien régime avait plongé le Gabon en ce qui concerne les allocations provisoires d’attente allouées aux retraités depuis 2015, en violation des textes en vigueur.
Au-delà de l’incompétence manifeste du ministre, il est légitime de se demander si on pouvait attendre autre chose d’une personnalité politique qui a été complice de la situation actuelle. Ngazouzé pouvait-il révéler que son prédécesseur, Madeleine Berre, avait laissé le pays dans un état déplorable, sachant qu’il avait été membre du même régime ?
Dans tous les cas, Ngazouzé a clairement démontré qu’il n’était pas à la hauteur pour occuper ce poste ministériel. Il n’est donc pas trop tard pour rectifier le tir, car le Gabon dispose de compétences en dehors de l’écurie du PDG.