Un pétrolier sous pavillon gabonais franchit le détroit d’Ormuz en premier après la trêve Iran–États-Unis

Le pétrolier « MSG », enregistré sous pavillon du Gabon, a traversé le détroit d’Ormuz le jeudi 9 avril, marquant un événement suivi de près par les plateformes de surveillance maritime.
Selon les données AIS relayées par le site spécialisé MarineTraffic, il s’agit du premier navire non iranien chargé à emprunter cette route stratégique depuis l’entrée en vigueur, la veille, d’un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis.
Une cargaison partie des Émirats arabes unis vers l’Inde
Le navire avait embarqué 6 941 tonnes de fioul, soit environ 44 000 barils, le 28 février à Sharjah, dans les Émirats arabes unis, avant de prendre la direction du terminal Aegis de Pipavav, situé au nord-ouest de l’Inde.
Sa traversée intervient dans un contexte de forte vigilance autour du détroit, zone maritime stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.
Une trêve fragile et des risques encore présents
Le cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran est perçu comme un possible facteur d’apaisement. MarineTraffic estime qu’il « pourrait atténuer une partie des risques liés au transit dans le détroit d’Ormuz ».
Cependant, les analystes restent prudents. Le site spécialisé souligne que les premiers navires à reprendre cette route seraient probablement ceux liés à des réseaux moins contraints par les sanctions internationales, tandis que les armateurs classiques adoptent une attitude attentiste.
Le rapport ajoute que « les armateurs respectueux des règles resteront probablement prudents tant que les risques liés à l’assurance, au secteur bancaire et aux aspects juridiques resteront inchangés ».
Activité maritime iranienne et zone sensible
Depuis le début de la trêve, MarineTraffic indique également le passage de deux pétroliers iraniens et de six vraquiers. Ces navires ont emprunté une route proche de l’île de Larak, un passage stratégique surnommé le « péage de Téhéran » par le Lloyd’s List, en référence à son importance dans le contrôle du trafic maritime régional.
Cette zone reste étroitement surveillée par les Gardiens de la Révolution iranienne, qui recommandent un itinéraire spécifique aux navires transitant dans le secteur.
Un trafic encore en dessous des niveaux habituels
Malgré ces mouvements, aucune reprise significative du trafic n’a été observée. Sur une période d’une journée et demie, neuf transits de navires transportant des matières premières ont été enregistrés, un chiffre inférieur à la moyenne d’environ huit navires par jour observée depuis le début des tensions liées à la guerre engagée le 28 février.
Parmi ces navires, six sont iraniens ou liés à des flux commerciaux en provenance ou à destination de l’Iran.
Par ailleurs, plusieurs bâtiments observés en approche du détroit auraient finalement fait demi-tour, notamment les pétroliers Auroura (pavillon panaméen) et Trend (pavillon togolais), selon les données de suivi maritime.

