Reprise des cours : la ténacité affichée de Camélia Ntoutoume Leclercq face à une réalité contrastée

La reprise des activités pédagogiques annoncée pour ce lundi 19 janvier 2026 peine à se concrétiser sur le terrain. Dans de nombreux établissements, la rentrée prend des allures d’essai avorté : classes peu remplies, enseignants absents et parents hésitants. Une situation qui traduit un climat toujours marqué par l’incertitude et la défiance.
Malgré les appels insistants des autorités éducatives, l’adhésion reste limitée. Les établissements scolaires offrent ce matin un visage mitigé, loin de l’élan espéré par le ministère de l’Éducation nationale. Le malaise, perceptible depuis plusieurs semaines, ne semble pas s’être dissipé avec l’annonce officielle de la reprise.
Un rejet assumé du corps enseignant
Au cours du week-end, les enseignants ont réaffirmé leur position. Réunis en assemblée générale, ils ont rejeté la reprise des cours, jugeant les mesures proposées insuffisantes pour répondre à leurs revendications. Une décision claire, qui contraste avec la ligne adoptée par les autorités, déterminées à maintenir le calendrier scolaire.
Face à cette fin de non-recevoir, le ministère a choisi de poursuivre sa stratégie, misant sur des signaux institutionnels forts. Communiqués, réunions et diffusion d’images de quelques salles de classe ouvertes visent à démontrer que la reprise est en marche, malgré les résistances.
Le soutien des parents mis en avant
Le 18 janvier 2026, Camélia Ntoutoume Leclercq recevait les représentants des Associations de Parents d’Élèves (APE) afin d’évaluer l’état des discussions. À l’issue de cette rencontre, présentée comme positive, la ministre déclarait : « Je tiens à saluer l’esprit constructif et l’engagement de toutes les parties. Une excellente nouvelle en ressort : les parents d’élèves se sont montrés unanimes dans leur soutien à la reprise des cours dès ce lundi 19 janvier 2026. »
Dans la continuité, un communiqué officiel a invité les parents à accompagner leurs enfants à l’école pour rendre effective cette reprise. Toutefois, sur le terrain, ce soutien affiché peine à produire les effets attendus. En l’absence d’une mobilisation significative des enseignants, la reprise reste largement symbolique.
Une stratégie à double lecture
La fermeté revendiquée par les autorités est interprétée de manière contrastée. Pour certains observateurs, elle traduit une volonté de préserver l’année scolaire à tout prix. Pour d’autres, elle révèle surtout les limites du rapport de force engagé avec les acteurs du secteur éducatif.
En persistant dans cette approche, le risque est d’aggraver un climat déjà fragile. Ce qui se voulait un signal d’autorité pourrait être perçu comme l’illustration d’un dialogue en panne. Lorsque des discussions entamées sous de bons auspices débouchent sur une impasse, c’est moins la ténacité qui retient l’attention que l’échec du compromis.
Une crise toujours ouverte
La situation au sein de l’Éducation nationale demeure donc incertaine. Loin d’être résolue, la crise semble entrer dans une phase plus délicate, où chaque journée supplémentaire accentue les tensions. Une réalité s’impose progressivement : la reprise des cours ne se décrète pas. Elle repose avant tout sur la confiance et l’adhésion des principaux acteurs du système éducatif.





