Société

Rupture du partenariat Ebomaf–CNNII : un revers aux lourdes conséquences pour le Gabon

La récente annonce de la rupture de l’alliance stratégique entre le groupe Ebomaf et la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) a créé une onde de choc dans le secteur des transports. Si certains y voient la fin d’une opération controversée perçue comme une tentative d’accaparement de biens publics par un opérateur privé étranger, d’autres s’inquiètent de ses répercussions économiques et politiques.


Un partenariat stratégique remis en cause

Ce désengagement marque un tournant inattendu pour un projet censé dynamiser la logistique maritime et fluviale au Gabon. Mis en place sous l’impulsion du président de la République, ce partenariat public-privé (PPP) avait pour ambition de moderniser le secteur des transports et de renforcer la mobilité des biens et des personnes.

Mais la situation s’est progressivement détériorée. Selon plusieurs sources, les dettes sociales colossales de la CNNII et les pressions exercées par certains syndicats auraient contribué à fragiliser la coopération. La question qui se pose désormais est de savoir si ce naufrage traduit un défaut de gouvernance, des tensions politiques ou simplement l’échec d’un montage financier mal calibré.


La position des acteurs économiques

Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Emmanuel Marcos Zué Méyé Eyéné, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et industries (CGPMEI), retient particulièrement l’attention. Selon lui, il serait prématuré de se réjouir de cette rupture :

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« Je ne pense pas qu’il y ait un motif quelconque de satisfaction ou de réjouissance à manifester quant au désamour qui intervient entre l’opérateur international Ebomaf et la CNNII, pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’un échec de cette affaire signifie un échec des initiatives du président de la République. »

Il rappelle que le Chef de l’État avait opté pour un PPP afin de résoudre les blocages structurels du secteur maritime et fluvial. Pour lui, l’effondrement de cet accord remet en cause non seulement la politique de relance économique, mais aussi la crédibilité des partenariats publics-privés comme outil de développement.


Une responsabilité partagée

Lors de la signature de la convention, le ministre des Transports de l’époque, Loïc Ndinga Moudouma, la société Ebomaf, ainsi que les syndicats étaient pleinement conscients des difficultés financières de la CNNII. Malgré une dette « abyssale », les parties avaient fait le choix d’un partenariat, misant sur la capacité d’Ebomaf à relancer les activités.

Mais depuis le départ de Loïc Ndinga Moudouma en janvier dernier et l’arrivée de l’actuel ministre d’État Ulrich Mamfoumbi Mamfoumbi, la situation a évolué. L’influence croissante des syndicats, conjuguée à la persistance des dettes sociales, semble avoir accéléré la rupture. Pour Emmanuel Marcos Zué Méyé Eyéné, cela reflète un manque de cohérence dans la conduite des politiques publiques.


Un signal inquiétant pour l’économie gabonaise

Au-delà des enjeux financiers, cette affaire envoie un mauvais signal aux investisseurs. La rupture du partenariat pourrait affaiblir la volonté présidentielle de promouvoir les PPP et de développer des solutions durables pour le secteur des transports. Le risque est de voir s’installer un climat d’incertitude, alors même que le pays traverse une phase de transition politique et économique délicate.

L’épisode Ebomaf–CNNII met ainsi en lumière la nécessité pour l’État de renforcer le cadre réglementaire et d’assurer une meilleure coordination entre acteurs publics et privés. La question désormais est de savoir quelles mesures le Chef de l’État prendra pour rétablir la confiance et éviter de nouveaux échecs stratégiques.

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