Secteur pétrolier : l’ONEP menace d’une grève générale à compter du 31 janvier 2026

Dans une correspondance officielle transmise en janvier 2026, l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a lancé un avertissement formel aux compagnies pétrolières et aux entreprises de services actives au Gabon. Le syndicat annonce qu’en l’absence de réponses concrètes à des revendications professionnelles jugées anciennes et non satisfaites, un arrêt collectif de travail pourrait être déclenché le 31 janvier 2026 à 23h59, avec le risque d’un blocage quasi total du secteur.
Le document, rédigé dans un registre à la fois juridique et déterminé, s’appuie sur l’article 379 du Code du travail, qui encadre l’exercice du droit de grève. L’ONEP, organisation syndicale majoritaire dans l’industrie pétrolière, y affirme que « la limite de la paix sociale, lorsque le dialogue social tend vers le dilatoire, est la grève ». Une déclaration lourde de conséquences dans un climat social déjà sensible, en particulier à Port-Gentil, cœur de l’activité pétrolière nationale.
Un contentieux social qui dure depuis plus de deux ans
Le courrier a été adressé aux directions générales de plusieurs opérateurs et prestataires majeurs, dont Perenco Oil & Gas Gabon, TotalEnergies EP Gabon, Assala Gabon, Maurel & Prom Gabon, BW Energy et Dixstone. L’ONEP y rappelle qu’entre août 2023 et février 2025, de nombreux préavis de grève ont été déposés sans, selon le syndicat, aboutir à des solutions satisfaisantes.
Au centre des revendications figure la problématique de la mise à disposition du personnel, qualifiée par l’ONEP de « frauduleuse et illégale ». Le syndicat réclame notamment l’alignement des rémunérations des travailleurs sous-traités sur les grilles salariales des sociétés utilisatrices, assorti du paiement rétroactif des rappels de salaires. Il demande également le transfert vers les sociétés utilisatrices des employés remplissant les conditions prévues par les textes légaux et réglementaires.
Exigences spécifiques envers certains prestataires
Pour les entreprises ayant déjà fait l’objet de préavis ciblés — parmi lesquelles Bourbon Offshore, Wärtsilä, SESI, Soleo, LCS ou encore Schlumberger MI Swacco — l’ONEP exige la prise en compte intégrale des doléances formulées. Le syndicat rappelle que « la responsabilité de la satisfaction des revendications incombe à l’employeur, nonobstant l’accompagnement de l’Administration », soulignant ainsi le rôle central des directions d’entreprises dans la résolution du conflit.
Service minimum et enjeux de sécurité
En application de l’article 385 du Code du travail, l’ONEP indique être prête à mettre en place un service minimum représentant 40 % de l’activité. Toutefois, en raison du caractère à haut risque des opérations pétrolières — notamment le forage, le work over et les opérations d’enlèvement — ce dispositif serait principalement limité à la sécurisation des installations et des équipements.
À l’approche de l’échéance fixée, la position de l’ONEP place les sociétés pétrolières face à une pression accrue. Une grève générale dans ce secteur stratégique pourrait entraîner des conséquences économiques significatives, tant pour Port-Gentil que pour l’ensemble du pays. La question demeure de savoir si un dialogue social jugé jusqu’ici insuffisant pourra être relancé à temps pour éviter une nouvelle crise sociale dans l’industrie pétrolière gabonaise.





