Port-Gentil : Une prison centrale surpeuplée à plus de 400 % de sa capacité

La prison centrale de Port-Gentil, initialement conçue pour accueillir 250 détenus, en héberge aujourd’hui plus de 1 000, une situation critique récemment mise en lumière par L’Union dans son édition du 25 mars 2026. Cette surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation excédant les 400 %, soulève des inquiétudes majeures concernant les conditions de détention.
Une situation alarmante
La surpopulation de la prison centrale de Port-Gentil est d’une ampleur particulièrement préoccupante. L’établissement, qui comptait à l’origine 250 places, en abrite actuellement 1 007. Cette situation, qui a été mise en lumière lors de la visite du ministre de la Justice, Augustin Emane, met en évidence les défis auxquels les autorités pénitentiaires sont confrontées, notamment en matière de gestion des détenus.
Des conditions de détention difficiles
La surpopulation entraîne des problèmes graves dans le quotidien des détenus. Selon L’Union, la pression sur les ressources nécessaires à leur prise en charge est de plus en plus forte. « Il devient de plus en plus difficile de nourrir les personnes privées de liberté », rapporte le quotidien, soulignant ainsi les difficultés logistiques et humaines rencontrées par le personnel de la prison.
Par ailleurs, la population carcérale se compose de 32 femmes, dont 15 sont condamnées, et la majorité est constituée d’hommes. Un autre point préoccupant est le nombre élevé de personnes en détention préventive, une mesure qui, selon le Code de procédure pénale, doit demeurer exceptionnelle.
Une prison obsolète face aux normes modernes
Construit dans les années 1970, le bâtiment de la prison centrale de Port-Gentil n’est plus adapté aux standards actuels des droits humains. En plus de la surpopulation, les conditions de détention ne répondent plus aux exigences minimales de sécurité et de dignité. Cette situation compromet non seulement le bien-être des détenus, mais aussi l’image du Gabon en matière de gouvernance pénitentiaire.
Des solutions en préparation
Le ministre de la Justice a annoncé la continuation de l’opération de mise en liberté d’office des détenus incarcérés illégalement. À Libreville, cette initiative a déjà permis la libération de 274 prisonniers. Si cette mesure représente un premier pas vers une solution, elle met en lumière la nécessité d’une réforme plus profonde du système judiciaire, en particulier concernant la gestion des détentions préventives.
Face à la persistance de la surpopulation, la prison centrale de Port-Gentil incarne un dysfonctionnement structurel du système pénitentiaire gabonais, nécessitant des réponses durables et une révision en profondeur de la politique de gestion des établissements pénitentiaires.







