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Justice

Blanchi par la justice, Hervé Patrick Opiangah toujours privé de ses passeports au Gabon.

Par La rédaction 7 juillet 2026 79 vues⏱️ 3 min
Blanchi par la justice, Hervé Patrick Opiangah toujours privé de ses passeports au Gabon.

L'homme d'affaires Hervé Patrick Opiangah, définitivement blanchi par la justice gabonaise dans une affaire retentissante de viol, d'inceste et de menaces de mort, se trouve toujours dans une situation paradoxale. Ses avocats, Me Carole Moussavou, Me Placide Mba et Me Paulette Oyane Ondo, ont dénoncé ce qu'ils qualifient d'« incohérence juridique » lors d'un point presse tenu ce lundi 6 juillet 2026 à Libreville. Ils s'interrogent sur le maintien de mesures restrictives, notamment la confiscation des trois passeports de leur client, en dépit de son innocence reconnue.

Un non-lieu définitif mais des entraves persistantes

Les conseils de M. Opiangah ont détaillé le parcours judiciaire ayant conduit à l'exonération de leur client. Le 24 février 2026, une ordonnance de non-lieu a été rendue par le doyen des juges d'instruction, conformément aux réquisitions du ministère public. Cette décision a ensuite été confirmée par la Chambre d'accusation le 2 mai 2026. L'affaire a été définitivement close par une ordonnance de non-pourvoi délivrée le 12 juin dernier. « Ce certificat de non-pourvoi a clôturé cette affaire. Nous sommes donc à la fin de cette affaire qui a ébranlé la population gabonaise », ont-ils affirmé, précisant que « la partie adverse ne peut plus se pourvoir en cassation ».

Passeports disparus et biens non restitués

Malgré cette clarté juridique, la restitution des biens saisis reste incomplète. Si une partie des effets personnels a été rendue le 12 mars 2026, les trois passeports d'Hervé Patrick Opiangah – deux diplomatiques et un ordinaire – ainsi que des ordinateurs et un écran demeurent introuvables. « Jusqu’à l’heure où nous faisons ce point de presse, nous n’avons pas obtenu la restitution des deux passeports diplomatiques, du passeport ordinaire, des ordinateurs et de l’écran », a regretté Me Moussavou. Le parquet, de son côté, soutient que ces objets ne figuraient pas sur la liste déposée au Trésor public, une explication qui laisse la famille de l'homme d'affaires « perplexe ».

Liberté de circulation bafouée

Au-delà de la question des passeports, les avocats s'inquiètent de l'impossibilité pour leur client de circuler librement. Une demande adressée au ministre de la Justice serait restée sans réponse. « La justice a rendu son verdict. Pourquoi est-ce que notre client ne peut pas se déplacer librement ? », ont-ils interpellé. Un cas similaire concerne Élisabeth Mengué-Opiangah, qui, bien que jamais poursuivie dans ce dossier, s'est vue refoulée à la frontière le 21 mai. Les avocats ont insisté : « Cette dernière n’a jamais été inculpée ni fait l’objet d’une quelconque procédure ».

Un appel au respect des décisions judiciaires

« Sont-ils des prisonniers ou sont-ils des Gabonais libres d’aller et venir ? », s'est interrogée Me Moussavou avec émotion, soulignant l'incompréhension de la défense face à cette situation. Les avocats appellent ainsi les autorités compétentes à « tirer toutes les conséquences des décisions rendues », rappelant qu'« un homme d’affaires ne peut pas déployer ses activités s’il ne peut pas se déplacer ». Ils exigent la restitution immédiate des passeports confisqués depuis de longs mois.

Des questions sur l'État de droit au Gabon

Cette affaire soulève des interrogations profondes sur l'application des décisions judiciaires au Gabon et la cohérence entre le pouvoir judiciaire et l'administration publique. Pour de nombreux observateurs, elle met en lumière les défis auxquels est confrontée la nouvelle République naissante. Le cas Opiangah illustre comment une décision de justice, même définitive, peut parfois rester lettre morte, dépassant le simple cadre personnel de l'homme d'affaires pour interpeller sur le respect effectif des libertés individuelles garanties par la Constitution. L'issue de ce dossier sera, à n'en pas douter, suivie avec une grande attention.

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