
Chantiers de la Nyanga : Pénurie de matériaux ou problèmes de gestion ? Le ministre s'explique
La controverse autour des projets d'infrastructures inachevés dans la province de la Nyanga, lancés sous la transition présidentielle, continue de faire couler beaucoup d’encre. Au cœur de cette « guerre de communication », après la convocation des entreprises adjudicataires par le vice-président du gouvernement, c’est le ministre d’État en charge des Transports et cadre provincial, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, qui s’est rendu sur place pour tenter de rassurer l’opinion publique sur la reprise effective des travaux.
Les explications du ministre : pénurie et trésorerie
Après une inspection des différents sites, le membre du gouvernement a pris la parole pour éclaircir les raisons des retards accumulés. Parmi les motifs avancés, la « pénurie de matériaux » est mise en avant. « Tout le Gabon est en chantier. Il arrive donc qu’il y ait des pénuries des matériaux », a déclaré Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, soulignant également l'éloignement de la Nyanga par rapport à Libreville, principal centre d’approvisionnement.
Un autre facteur évoqué est celui des difficultés de trésorerie. « Parfois il arrive qu’il y ait des indisponibilités en fonds pour ces chantiers », a reconnu le ministre. Cependant, il s'est montré optimiste quant à l'avenir des projets. « Mais quelques fonds ont été injectés pour reprendre les chantiers. Nous avons fait le tour et avons constaté que les chantiers ont repris », a-t-il affirmé, assurant que l’interruption des travaux ne remettait pas en cause leur achèvement.
La réplique cinglante de l'opposition
Ces justifications n’ont pas tardé à provoquer une réaction virulente de l’opposition. Lionel Giovani Boulingui, porte-parole d’Ensemble pour le Gabon (EGP), qui a initié ce débat public, a vivement interpellé le ministre Manfoumbi. Sur sa page Facebook, il a questionné : « L’Ogooué-Ivindo, dont les chantiers ont débuté plusieurs semaines après ceux de la Nyanga a fait comment pour avoir le matériel, ou même pour contourner les obligations techniques ? », exhortant le ministre à faire preuve d’humilité.
Initialement présentés comme des symboles de la rupture avec l’immobilisme du régime précédent et de l’efficacité du président Oligui Nguema, les chantiers de la Nyanga risquent de se transformer en un véritable casse-tête politique pour le nouveau pouvoir.
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