
Audit accablant chez SING SA : les raisons du limogeage du DG dévoilées.
La Société d’incubation numérique du Gabon (SING SA) traverse une période de profonde mutation suite au départ de son directeur général, Yannick Ebibie Nze. Ce limogeage, qui marque le début d'une réorganisation interne, ferait suite aux conclusions accablantes d'un audit mené par le cabinet Deloitte, révélant de sérieuses lacunes dans la gestion de la structure. Les informations, relayées notamment par L’Union après une première enquête de GabonReview, mettent en lumière des problèmes financiers majeurs.
Des révélations d'audit qui secouent la SING SA
Selon des sources proches du dossier, le cabinet Deloitte aurait pointé du doigt « plusieurs manquements et incohérences » dans le fonctionnement et l'administration de la SING SA. Ces conclusions auraient été déterminantes lors du conseil d'administration qui a précédé la décision de se séparer de Yannick Ebibie Nze. Parmi les difficultés identifiées, l'entreprise ferait face à plusieurs mois de loyers impayés et à des retards récurrents dans le versement des salaires de ses employés. Une situation alarmante qui a d'ailleurs contraint la société à déménager de son siège historique situé au centre-ville de Libreville, sans qu'une nouvelle adresse officielle ne soit communiquée à ce jour.
À LIRE AUSSI
Le Président Oligui Nguema rend un vibrant hommage au panafricaniste Kwame Nkrumah au Ghana.
Un avenir incertain mais une volonté de réorganisation
Malgré ces turbulences, la SING SA ne serait pas destinée à disparaître, mais plutôt à être profondément repensée. L'hypothèse d'une fermeture définitive est écartée au profit d'une phase de réorganisation. En attendant la nomination d'un nouveau directeur général et la définition d'un modèle économique viable, l'intérim a été confié à Cyrille Ndong. Ce dernier est également directeur général adjoint de la Société du patrimoine et des infrastructures numériques (SPIN), entité qui détient 30 % du capital de la SING SA pour le compte de l'État gabonais.
Plusieurs scénarios sont actuellement à l'étude pour l'avenir de la structure. Parmi eux, une reprise complète par l'État, une transformation en entité parapublique, ou encore un placement sous la tutelle directe de la SPIN. La piste d'une fusion avec le Centre gabonais de l’innovation (CGI) est également sérieusement envisagée. Cette option, déjà mentionnée par GabonReview et discutée au sein du ministère de l'Économie numérique, viserait à regrouper les activités d'innovation numérique sous une seule et même bannière. La décision finale concernant le futur cadre institutionnel de la SING SA reviendra au ministère de l'Économie numérique.
De l'ambition à la remise en question du bilan
Ces révélations contrastent fortement avec les années fastes qu'a connues la SING SA entre 2018 et 2021. Durant cette période, la société avait bénéficié de financements importants, notamment dans le cadre du projet eGabon, soutenu par la Banque mondiale. Sa mission était claire : structurer l'écosystème numérique gabonais en accompagnant les startups, en proposant du conseil en innovation et en développant l'ingénierie numérique.
La SING SA revendique un bilan conséquent, avec l'accompagnement de plus de 314 startups depuis 2018 et la mobilisation de près de 550 millions de FCFA au profit des entrepreneurs. Cependant, au regard de la situation financière actuelle, les actionnaires s'interrogent désormais sur le rendement réel des investissements. Les conclusions de l'audit Deloitte pourraient ainsi marquer le point de départ d'une évaluation plus approfondie de la gouvernance, de la viabilité du modèle économique et du positionnement stratégique de la SING SA.


