
Libreville sans poisson frais : les vendeurs accusent les brigades nautiques de racket.
Pénurie de poisson à Libreville: Les commerçants dénoncent le racket et l'échec des mesures gouvernementales
Les étals des marchés de Libreville se vident, et la recherche de sardines ou du poisson communément appelé « Sans nom » est devenue un véritable défi. Cette situation paradoxale intervient alors qu'en mars 2026, le gouvernement gabonais avait pourtant interdit l’exportation de ces espèces, dans l'objectif affiché de garantir un meilleur approvisionnement du marché national. Quelques mois plus tard, les consommateurs et les vendeurs constatent une dégradation alarmante de la situation.
Une pénurie aggravée et des accusations de racket
Au marché de Nkembo, les vendeuses peinent à répondre à la demande croissante. Maman Bertine, une commerçante, exprime son désarroi: « Depuis l’interdiction d’exportation, la pénurie s’est empirée. C’est du désordre dans la mer. Nous risquons de tomber malades avec le poisson surgelé vendu dans les magasins ». Elle et ses collègues ne se contentent pas d'imputer cette rareté à la seule mesure gouvernementale. Elles pointent du doigt les nombreuses interventions des brigades nautiques en mer.
Selon les témoignages recueillis, ces contrôles fréquents auraient un impact direct et négatif sur l'activité des pêcheurs artisanaux. Maman Bertine dénonce un climat défavorable à la pêche : « Les brigades qui sont dans la mer embêtent les pêcheurs. À chaque passage, les pêcheurs doivent prévoir au moins 50 000 FCFA. La conséquence, c’est le découragement des pêcheurs qui vont rester chez eux ».
Appels à la relance des circuits d'approvisionnement nationaux
Face à cette crise, plusieurs vendeuses jugent impératif de consolider les filières d'approvisionnement internes. Elles exhortent les autorités à relancer des entreprises publiques spécialisées dans la commercialisation du poisson, afin de stabiliser le marché. Anne-Marie, également vendeuse au marché de Nkembo, suggère une solution concrète : « Pourquoi ne pas renouveler SIFRIGAB pour pallier la cherté et le manque ? S’il y avait au moins quatre sociétés de poissonnerie, ces manquements ne seraient pas observés ». Une telle initiative, estiment-elles, permettrait de réguler les prix et d'assurer une offre suffisante aux consommateurs.
À LIRE AUSSI
Okala: Des commerces démolis sans dédommagement pour désengorger Libreville et ses accès.
En attendant d'éventuelles actions gouvernementales, ce sont majoritairement les poissons surgelés qui alimentent les marchés de la capitale. Cette alternative est largement considérée comme insuffisante par de nombreux Gabonais, attachés au poisson frais, élément essentiel de leurs habitudes alimentaires. Des marchés de Nkembo aux autres points de vente de Libreville, les sardines et le « Sans nom » demeurent introuvables, aussi bien sur les étals que dans les débarcadères. Une situation qui génère une vive inquiétude chez les commerçants et les ménages, qui attendent une réponse rapide des autorités pour enrayer cette pénurie persistante.
Partager cet article
Poursuivez votre lecture

SEEG dénonce un sabotage des unités EDAN et promet des compensations aux abonnés.

Gabon : le gouvernement veut mettre fin à la prime de transport pour les agents disposant d’un véhicule administratif

Paiement des rappels de salaires : l’État débloque 35 milliards FCFA et clôt un dossier historique


