
Pont d'Ebel-Abanga: la facture explose, l'État s'endette de 13 milliards supplémentaires
Le chantier du pont d'Ebel-Abanga, considéré comme l'une des infrastructures majeures du pays, voit sa facture s'alourdir de manière significative. Le gouvernement s'apprête à solliciter un nouvel emprunt de plus de 13 milliards de FCFA, comme le stipule le projet de Loi de finances rectificative 2026. Cette rallonge budgétaire est spécifiquement allouée à l'achèvement de cet ouvrage stratégique, dont la construction a débuté en mars 2025.
Une addition de 13,11 milliards FCFA au financement initial
Plus précisément, l'article 80 du document budgétaire donne l'autorisation à l'Exécutif de négocier un crédit additionnel de 13,11 milliards de FCFA. Ces fonds sont destinés à couvrir les dépenses finales du contrat attribué en 2023 au consortium européen composé de BESIX, MBB et Matière.
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Cette injection de capitaux vient s'ajouter à un investissement initial déjà conséquent. Au début de 2024, un prêt substantiel de 74,8 milliards de FCFA avait été contracté auprès de la Deutsche Bank, une institution financière allemande. Avec cette nouvelle facilité de crédit, le coût global assumé par l'État pour ce projet d'infrastructure essentiel au désenclavement du territoire atteint près de 88 milliards de FCFA.
Opacité et interrogations sur la gestion des coûts
Bien que le gouvernement justifie cet investissement par la nécessité de moderniser le réseau routier national et de dynamiser les échanges intérieurs, le projet soulève de nombreuses interrogations dans l'opinion publique. L'opacité persiste quant à l'utilisation des fonds initiaux, et aucune explication officielle n'a été fournie pour étayer la nécessité de cette augmentation budgétaire en cours de route.
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Ce déficit de transparence nourrit le débat sur la gestion des coûts des projets d'envergure financés par l'État. Le pont d'Ebel-Abanga illustre parfaitement le dilemme des grands travaux : concilier l'impératif d'aménagement du territoire et une gestion saine des finances publiques, sans pour autant faire exploser la dette nationale.
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