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Société

Gabon: La SEEG s'éteint, la Gabonaise des Eaux et EDG prennent le relais en 2027

Par La rédaction 1 août 2026 133 vues⏱️ 5 min
Gabon: La SEEG s'éteint, la Gabonaise des Eaux et EDG prennent le relais en 2027

Après 76 années de présence sur le marché gabonais, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) s'apprête à tourner une page historique. L'opérateur emblématique cessera définitivement ses activités le 31 décembre 2026 à 23h59. Cette dissolution, qualifiée de « mort programmée », est une étape majeure dans la restructuration des secteurs de l'eau potable et de l'électricité au Gabon, visant à assainir un service public essentiel sans en interrompre la continuité.

Une scission actée pour une meilleure gestion

Dès le 1er janvier 2027, deux nouvelles entités prendront le relais : La Gabonaise des Eaux (GDE) et Électricité du Gabon (EDG). Elles opéreront séparément dans leurs domaines respectifs. Cette réforme a été officiellement précisée lors d'un conseil d'administration de la SEEG, le vendredi 31 juillet à Libreville. Le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a détaillé les modalités de cette transformation déjà validée par le Conseil des ministres le jeudi 25 juin. La disparition de la SEEG s'inscrit également dans les recommandations du Dialogue national inclusif d’avril 2024 et constitue un pilier du projet de réforme du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Les rôles définis des nouveaux opérateurs

La Gabonaise des Eaux (GDE) aura la responsabilité de l'exploitation du service public de l'eau potable. Son périmètre d'action englobera la production, le transport, le stockage, la distribution et la commercialisation de l'eau sur l'ensemble du territoire national. De son côté, Électricité du Gabon (EDG) reprendra les activités liées à la production et à la distribution de l'énergie électrique. Cette société aura également pour mission de développer les infrastructures, de sécuriser l'approvisionnement et d'accompagner la transition énergétique du pays.

Impact sur les usagers et défi de la transition

Pour les consommateurs, le passage de la SEEG aux deux nouveaux opérateurs ne devrait pas entraîner d'interruption administrative ou technique des services. La GDE et l'EDG débuteront leurs opérations sans discontinuité dès le premier jour de 2027. Cependant, les modalités pratiques concernant les abonnements, les compteurs, les factures, les agences commerciales et les créances des clients devront être clairement définies avant la fin de l'année 2026. La réussite de cette réforme dépendra fortement de la capacité du gouvernement à assurer une transition fluide, évitant d'ajouter de nouveaux dysfonctionnements aux coupures déjà fréquentes.

Une situation financière intenable à l'origine de la réforme

La dissolution de la SEEG est avant tout motivée par la gravité de sa situation financière. Un audit couvrant la période 2019-2024 révèle un chiffre d'affaires stagnant autour de 212,6 milliards de FCFA entre 2020 et 2023. La progression en 2024 n'aurait atteint que 2 %, tandis que les charges financières ont explosé, multipliées par quatorze pour atteindre 8,56 milliards de FCFA. L'entreprise affiche une perte nette colossale de 45,6 milliards de FCFA et un besoin en fonds de roulement fortement dégradé. Des comptes certifiés avec réserves, des pertes accumulées, un endettement croissant et une trésorerie sous tension brossent le portrait d'une entreprise au bord de l'asphyxie, malgré son monopole historique sur des services vitaux. Ces difficultés financières s'ajoutent à des problèmes techniques majeurs, marqués par des équipements vieillissants et un manque chronique d'investissements. Pour les autorités, maintenir la SEEG sous sa forme actuelle était devenu incompatible avec la nécessité de répondre efficacement aux besoins des populations.

Gestion du passif : un enjeu crucial

Le gouvernement s'est engagé à ce que le lourd passif de la SEEG ne soit pas transféré aux deux nouvelles entités. « Le passif de la SEEG ne sera pas transféré aux futures entités », a formellement déclaré Philippe Tonangoye lors du conseil d'administration. Une structure spécifique sera créée pour reprendre et gérer la dette de l'ancien opérateur, permettant ainsi à la GDE et à l'EDG de démarrer leurs activités avec des comptes assainis et une capacité d'investissement restaurée. Cette décision soulève néanmoins des questions importantes sur le remboursement des engagements accumulés. Le gouvernement devra préciser le statut, le financement et la durée de vie de cette structure, ainsi que les modalités de couverture de la dette (par l'État ou par la cession d'actifs). L'objectif est d'éviter que ces dettes n'étouffent les nouveaux opérateurs dès leur lancement.

Avenir des salariés et défis juridiques

La scission de la SEEG suscite également de nombreuses interrogations chez les salariés. Un comité paritaire de pilotage, réunissant la direction de la SEEG, les partenaires sociaux et le ministère du Travail, est mis en place pour accompagner ce processus. Le gouvernement a annoncé des mesures juridiques pour protéger les employés, mais les détails concernant leur transfert vers la GDE ou l'EDG restent à préciser. Les syndicats attendent des garanties claires sur le maintien des emplois, de l'ancienneté, des salaires, des droits sociaux et des avantages acquis. Avant la disparition effective de la SEEG, plusieurs étapes juridiques restent à franchir. Les administrateurs doivent approuver formellement la scission, et les actionnaires sont invités à porter la participation de l'État de 56 % à 67 % du capital. Cette augmentation permettra à l'État d'atteindre la majorité requise pour mener à bien l'opération conformément aux règles de l'Ohada. D'ici l'achèvement de ces procédures, la SEEG continuera d'assurer ses missions habituelles.

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