
Le Gabon durcit sa législation : Fini la publicité pour le tabac et la nicotine.
Le Gabon franchit une étape décisive dans sa politique de santé publique en renforçant drastiquement sa législation contre le tabagisme. Une nouvelle ordonnance vise à limiter de manière significative l'exposition de la population aux produits du tabac, à la nicotine et à leurs dérivés. Publiée au Journal officiel le 7 mai 2026, l'Ordonnance n°0020/PR/2026 du 26 février 2026 instaure un cadre réglementaire beaucoup plus restrictif, avec au cœur de ses dispositions l'interdiction totale de toute forme de promotion pour ces substances.
Une interdiction totale de la promotion
Cette mesure clé s'inscrit dans la continuité des engagements internationaux du Gabon, notamment ceux pris dans le cadre de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé pour la lutte antitabac. Le texte proscrit désormais sans équivoque toute publicité, promotion, parrainage et sponsoring liés aux produits du tabac et de la nicotine. L'objectif est clair : protéger la santé des citoyens en réduisant l'attractivité de ces produits.
Au-delà des campagnes classiques
La portée de l'ordonnance est vaste et ne se limite pas aux canaux publicitaires traditionnels. Elle interdit également la distribution d'échantillons gratuits ainsi que la vente ou l'offre d'objets promotionnels. Fini les tee-shirts, sacs, parapluies ou banderoles arborant les logos et noms de marques de tabac ou de nicotine. De même, les fabricants et distributeurs ne pourront plus financer ou soutenir des événements culturels, sportifs ou sociaux, ni organiser d'actions promotionnelles visant à encourager, directement ou indirectement, la consommation. La seule exception concerne une signalétique sobre et non publicitaire indiquant le lieu de vente, uniquement à l'intérieur des points de vente agréés par le ministère du Commerce.
Des sanctions exemplaires pour les contrevenants
Pour garantir l'application de ces nouvelles règles, le législateur a prévu un arsenal de sanctions financières parmi les plus dissuasives. Toute infraction à ces dispositions peut entraîner une amende allant de 100 millions à 1 milliard de francs CFA. À ces pénalités pécuniaires s'ajoutent la possibilité de suspension ou de retrait des autorisations d'exercer, ainsi que la confiscation et la destruction du matériel publicitaire incriminé. Les organisateurs d'événements qui contribueraient à la diffusion de messages promotionnels pour le tabac sont également visés par ces sanctions.
À LIRE AUSSI
Samu social : Distribution gratuite de kits d’accouchement, de césariennes et de rachianesthésies
Un objectif de santé publique renforcé
Par cette législation, le Gabon ambitionne de réduire drastiquement l'influence du marketing de l'industrie du tabac, en ciblant particulièrement les jeunes générations. En supprimant les principaux leviers de communication commerciale, les autorités entendent freiner l'initiation au tabagisme et renforcer les efforts de prévention. Cette ordonnance marque une avancée significative dans la politique nationale de santé publique, visant à mieux protéger les populations actuelles et futures des conséquences néfastes de la consommation de tabac, de nicotine et de tous les produits assimilés.
Partager cet article
Poursuivez votre lecture

Grand Libreville : 51 hommes se font dépister du cancer du sein avec le Samu social

Santé publique : le Gabon détruit 1,4 tonne de fromages français contaminés.

Le Gabon accélère la modernisation de son système de santé grâce à la télémédecine


