
Litige frontalier Gabon-Guinée équatoriale: Les négociations sous l'UA continuent.
Contrairement à certaines rumeurs circulant ces dernières heures, les discussions entre le Gabon et la Guinée équatoriale concernant leur litige frontalier se poursuivent activement. Des sources diplomatiques proches du ministère des Affaires étrangères gabonais ont formellement démenti toute suspension des pourparlers, affirmant que le dialogue est bien maintenu.
« Les deux pays travaillent ensemble pour trouver une solution acceptable à ce litige », a précisé une source contactée par Gabon Media Time, réfutant ainsi les informations faisant état d’un gel brutal des relations.
À LIRE AUSSI
Un pétrolier sous pavillon gabonais franchit le détroit d’Ormuz en premier après la trêve Iran–États-Unis
La médiation de l'Union africaine se poursuit
Les autorités des deux nations réaffirment leur plein engagement dans le cadre multilatéral établi sous l'égide de l'Union africaine (UA). Loin de toute interruption, le processus diplomatique avance conformément aux engagements pris.
« Après la signature de l’accord d’engagement, les deux parties, sous la médiation de l’Union africaine, vont continuer le travail dans le cadre d’un mécanisme conjoint, cadre formel pour continuer les discussions », a expliqué la même source diplomatique. Cet accord, signé le 28 juillet dernier, vise à établir une feuille de route précise pour l'application de l'arrêt rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) le 19 mai 2025.
Le Gabon insiste sur sa volonté d'aboutir à une résolution pacifique et concertée de ce différend frontalier, dans le respect strict de la bonne foi, du cadre juridique défini et du mécanisme de médiation piloté par l'UA.
Les piliers de l'arrêt de la CIJ du 19 mai 2025
Pour rappel, la Cour internationale de Justice a tranché plusieurs points cruciaux dans son arrêt du 19 mai 2025 :
Inapplicabilité de la Convention de Bata (1974)
La CIJ a rejeté la prétention du Gabon selon laquelle la « Convention de Bata » constituait un traité contraignant entre les parties, déclarant qu’elle ne fait pas droit entre elles et ne constitue pas un titre juridique.
La frontière terrestre régie par le traité de 1900
La Cour a confirmé à l’unanimité que la délimitation terrestre repose sur les titres issus de la Convention de Paris du 27 juin 1900. Ces titres ont été transmis au Gabon (le 17 août 1960) et à la Guinée équatoriale (le 12 octobre 1968) par succession d’États, sans qu’aucune modification ultérieure n’ait été valablement établie.
Souveraineté insulaire attribuée à la Guinée équatoriale
Concernant les îles Mbanié, Cocotiers et Conga, la Cour a attribué la souveraineté à la Guinée équatoriale. Elle a retenu que l’Espagne détenait un titre souverain continu et non contesté sur ces formations maritimes (en tant que dépendances de l’île Corisco) au jour de l’indépendance en 1968.
Point de départ et cadre maritime
L’arrêt précise que la Convention de 1900 fixe le point terminal de la frontière terrestre. Ce point servira de départ à la frontière maritime, cette dernière devant être établie conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) de 1982.




