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Economie

Gabon: Des Milliards d'Impayés Paralisent les Chantiers Routiers Stratégiques

Par La rédaction• 31 octobre 2026• 112 vues•⏱️ 3 min
Gabon: Des Milliards d'Impayés Paralisent les Chantiers Routiers Stratégiques
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La situation des infrastructures routières au Gabon est critique. Face à l'immobilisation ou au ralentissement drastique de plusieurs chantiers d'envergure, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué une réunion urgente mercredi dernier. Y prenaient part le ministre des Travaux publics, Lambert Mouvinde Millot, ainsi que les représentants des entreprises concernées. L'objectif était clair : faire la lumière sur les blocages et trouver des solutions pour relancer ces projets essentiels au développement du pays.

Le constat est sans appel : la cause principale de ces retards est un défaut de paiement de la part de l'État envers les sociétés adjudicataires. Cette information a été confirmée et détaillée lors d'une réunion subséquente, tenue le même jour, entre le ministre Mouvinde Millot et les dirigeants des entreprises CITP, Covec, Sinohydro et Porteo BTP.

Un Secteur en Crise : Des Milliards d'Impayés aux Entreprises

Parmi les entreprises les plus affectées, la société chinoise Covec, en charge des axes Sibang-Bambouchine, Ndendé-Tchibanga et Tchibanga-Mayumba, accuse des impayés s'élevant à plus de 20 milliards de FCFA. Une somme colossale qui entrave lourdement l'avancement de ses travaux.

De son côté, Sinohydro a également souligné d'importantes difficultés financières, notamment l'arrêt des décaissements par la Banque africaine de développement (BAD). Les discussions ont porté sur des projets majeurs comme Moanda-Bakoumba, Alembé-Mikouyi (désormais attribué à Porteo BTP) et Ndendé-Doussala. L'entreprise a exprimé sa volonté de privilégier une solution amiable avec l'État gabonais afin d'éviter tout contentieux juridique, signe de la gravité de la situation.

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Le projet Ndendé-Doussala, d'une longueur de 46 km et financé par la BAD, est particulièrement emblématique de cette crise. Réalisé à près de 55%, ce chantier a vu la BAD suspendre ses financements depuis le 1er mars dernier. Cette décision radicale serait une riposte au non-règlement par le Gabon de ses arriérés envers l'institution financière. Les difficultés de ce tronçon sont directement liées à l'accumulation de décomptes impayés, totalisant environ 7 milliards de FCFA.

Le Défi du Financement et de la Relance

Il est rappelé que, concernant un autre projet d'envergure, en juin 2025, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema avait présidé la cérémonie de signature d'une convention avec le groupe ivoirien Porteo BTP. Cette convention visait l'aménagement en béton bitumineux de la route reliant Alembe (sur la Nationale 2) au village Mikouyi, dans la province de l'Ogooué-Lolo, traversant le Parc national de la Lopé. Un linéaire de près de 310 km, représentant un financement global de 140 milliards de FCFA, obtenu auprès de BGFIBank. La régularité des décaissements de ces fonds reste une question centrale.

Si toutes les parties prenantes affichent une volonté commune de concrétiser ces infrastructures, la disponibilité et la sécurisation des financements constituent la condition sine qua non pour y parvenir. Le défi est immense pour le Président de la République et son gouvernement, qui doivent impérativement lever ces obstacles. La détermination de l'État à voir tous les chantiers achevés se heurte aux réalités économiques des entreprises, qui ont elles-mêmes des engagements financiers envers leurs fournisseurs et leurs salariés. La relance de ces projets est désormais une priorité nationale pour le Gabon.

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