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Culture

Iboga : Les acteurs du secteur réclament la transformation locale pour plus de valeur.

Par La rédaction• 28 septembre 2026• 19 vues•⏱️ 3 min
Iboga : Les acteurs du secteur réclament la transformation locale pour plus de valeur.

Les opérateurs gabonais de la filière iboga, regroupés au sein du Bloc of Operators in the Iboga Sector (BOIS), saluent l'interdiction d'exporter la plante. Cependant, ils appellent à une application nuancée de cette mesure, plaidant pour que la valeur ajoutée de cette ressource précieuse reste sur le territoire gabonais grâce à la transformation locale.

Une protection ciblée pour l'économie locale

Dans un communiqué publié le 26 septembre, le GIE BOIS, qui affirme fédérer plus d'une centaine d'acteurs du secteur, a chaleureusement félicité le président de la République et le gouvernement pour la décision d'interdire l'exportation de l'iboga. Toutefois, le groupement, présidé par René Mboungana Guibouanga, insiste sur la nécessité de bien définir le périmètre de cette interdiction.

Leur demande est claire : l'interdiction devrait viser spécifiquement la plante « à l’état brut ou sous forme de copeaux », afin de garantir que « la valeur ajoutée reste au Gabon ». Cette distinction est au cœur de leur plaidoyer, qui vise à permettre aux entreprises gabonaises de vendre des produits transformés sur le marché international.

À l'appui de leur position, les signataires citent l'avis n° 002/2026 du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), qu'ils interprètent comme une recommandation d'interdire l'exportation d'iboga non transformé pour stimuler le développement d'une industrie locale.

Un secteur dynamique et des ambitions industrielles

Le BOIS souligne que « Le secteur ne part pas de zéro ». Le groupement fédère déjà des planteurs, coopératives, PME, tradipraticiens et communautés villageoises. Il fait état de plantations établies depuis plusieurs années et de produits dérivés de l'iboga déjà commercialisés au Gabon, tels que des chocolats, infusions, crèmes et savons.

Ces activités sont considérées comme le fondement d'une ambition plus vaste, incluant le développement industriel et scientifique. À terme, le groupement envisage la production d'« extraits totaux purifiés » et d'alcaloïdes dans des laboratoires conformes aux normes internationales. L'objectif est de faire du Gabon « un pays producteur, transformateur et développeur de produits à haute valeur ajoutée ». Pour y parvenir, le GIE BOIS propose notamment la création d'un label « IBOGA du GABON » et la mise en place d'une chaîne de production traçable pour contrôler l'origine, les volumes et les destinations.

Protéger la ressource sans freiner l'innovation

Selon le BOIS, cette vision implique de différencier l'iboga provenant du domaine forestier public de celui issu des plantations privées ou communautaires dûment déclarées et contrôlées. La traçabilité serait ainsi un double outil : à la fois de protection de la ressource et de facilitation de l'accès aux marchés pour les produits transformés.

Le groupement exprime également des craintes qu'une politique trop restrictive ne décourage les investisseurs, les orientant vers les pays voisins. Il demande donc que la politique d'exportation « ne mette pas en péril l’industrie artisanale et locale qui existe déjà au Gabon ».

En substance, le communiqué du GIE BOIS soulève une question économique cruciale : comment concilier la protection de l'iboga avec le développement et la valorisation des acteurs gabonais de la transformation de cette plante médicinale unique ?

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