FLASH INFO
PartenaireTop Header (Haut du site)
Education

« Universités gabonaises : le bizutage, un phénomène « archaïque » qui vide les amphithéâtres publics »

Par La rédaction• 6 novembre 2026• 32 vues•⏱️ 3 min
« Universités gabonaises : le bizutage, un phénomène « archaïque » qui vide les amphithéâtres publics »
— Publicité —

Pendant longtemps, le bizutage était perçu comme une tradition estudiantine révolue, tout au plus une série de plaisanteries inoffensives. Pourtant, la réalité sur les campus gabonais est bien différente. Ce phénomène, loin d'être éradiqué, connaît une recrudescence alarmante, transformant l'entrée à l'université en un véritable parcours d'obstacles pour les jeunes bacheliers.

Dans plusieurs établissements d'enseignement supérieur du pays, l'accès aux cours est conditionné par l'adoption d'un code vestimentaire strict, imposé par les étudiants plus anciens. Les jeunes femmes sont particulièrement ciblées : elles se voient interdire toute fantaisie capillaire, avec l'obligation d'arborer uniquement « deux tresses ». Les tenues modernes et courtes sont proscrites au profit de tuniques et de jupes longues. Toute infraction à ces règles auto-proclamées entraîne purement et simplement l'exclusion des salles de classe.

Une étudiante de première année, fraîchement inscrite au département de Sciences économiques de l'Université Omar Bongo (UOB), témoigne du choc de son premier jour : « Dès mon arrivée, un groupe d'anciens m'a contrainte à défaire mes tresses et à changer mes vêtements. Ils ont été clairs : à l'UOB, seules deux tresses et des tenues longues sont tolérées, sous peine de ne plus pouvoir assister aux cours. »

Des brimades aux sabotages : le quotidien des nouveaux

Les humiliations ne s'arrêtent pas aux portes des amphithéâtres. Une fois à l'intérieur des campus, les étudiants des promotions supérieures s'organisent pour perturber délibérément le bon déroulement des enseignements. Brouhahas incessants, chants hostiles et cris collectifs sont orchestrés pour empêcher les primo-entrants de suivre les explications des professeurs. Cette ambiance délétère pousse certains enseignants à adapter leurs méthodes, préférant dispenser leurs cours en matinée et annulant ou négligeant ceux du soir.

— Publicité —

Une étudiante en première année de médecine à l'Université des Sciences de la Santé (USS) d'Owendo décrit les conséquences de ce désordre : « Les anciens passent leur temps à faire du bruit, à crier, à taper sur les tables. Certains professeurs ont même été contraints de dédoubler leurs groupes de cours. Pour ceux qui viennent le soir, c'est une catastrophe, nous ne sommes pas bien suivis à cause du désordre ambiant. » Ces intimidations s'accompagnent parfois de menaces voilées, décourageant toute tentative de plainte auprès de l'administration.

Interrogés sur les raisons de ces pratiques, certains « anciens » justifient le bizutage comme un « rite de passage obligatoire ». Leur conviction est que chaque nouvel étudiant doit impérativement « échouer » et « reprendre » sa première année, une mentalité rétrograde qui perpétue une souffrance inutile. Face à cette situation, l'administration universitaire semble frappée d'une étonnante impuissance. Malgré les plaintes récurrentes de parents indignés, le fléau persiste, alimentant la suspicion d'un laisser-aller, voire d'un silence complice.

L'exode des étudiants : une conséquence directe de l'inaction

Cette passivité a des répercussions dramatiques. De nombreux étudiants, désabusés ou traumatisés par cet accueil indigne, choisissent de fuir les universités publiques gabonaises. Ils se tournent alors vers des établissements privés, où le bizutage est une pratique marginale, ou optent pour des études à l'étranger. Cette fuite des cerveaux et des forces vives représente un véritable gâchis pour le système éducatif national et l'avenir du Gabon. Il est impératif que l'État prenne des mesures fermes pour éradiquer ces agissements d'un autre âge et garantir un environnement d'apprentissage serein et respectueux pour tous.

— Publicité —

“ Vous aimez notre travail ? Aidez-nous à le faire vivre en soutenant la rédaction par un don. ”

Faire un don

Partager cet article

— Publicité —